demain

lecture aux grands terrains d’extraits de tuberculaires et tuberculeux

Le projet « tentaculeux et tuberculaires » est un amas de textes récoltés de 2004 à 2012. Retravaillés entièrement et unifiés, ils témoignent d’un certain état de montée des puissances d’enfermements ainsi que des tentatives de fuite tous azimuts.
A la fois textes scandés et répétitifs pour énerver comme l’essoreuse d’une machine à laver et tentative d’écrire ce qu’il faut bien appeler une histoire, celle d’un enfermement multiforme et de l’échec des substances miracles pour y remédier.
Il est donc conçu pour être lu intégralement pour éprouver la rencontre des nouvelles tentacules (la télé, l’argent, les marchandises…) et des tubercules qui poussent,énervent, témoignent de dislocation.
La plupart des textes ont été lus à haute voix lors de différentes manifestations. Ils seront réagencés dans un autre ordre avec un autre plan de renversement en brouillant les différences tentacules/tubercules en rapport avec le travail de Jérémie Setton. C’est comme dans une boîte mais à l’extérieur : les pans ouverts aux quatre vents. On peut s’y croire enfermé, on y est renversé. Quand l’oeil se révulse qu’est-ce qu’il reste? Regardez devant : ça tire derrière.
Le titre même Tentaculeux et tuberculaires est un brouillage volontaire et « erroriste » de la qualité des adjectifs en travaillant à une complication du rapport actif/passif qui leur est assigné.

aux grands terrains http://www.grandsterrains.fr/GT_jeremie.html

Souvenir d’un jour en prison

Jour 1

Mal dormi. La mine des gens dans le bus comme des enfants défaits. A l’arrivée, le drapeau français punitif et les péchés capitaux sculptés par Gaston Castel. La prison extérieure est là : les valeurs morales.

12 portes sinon rien

digiphone porte carte badge porte

porte sas dadenas détecteur porte

porte badge porte

porte sas porte

bâtiment A porte sas porte

bâtiment B porte sas porte

porte clé porte ouverte porte ouverte porte fermée et

une salle

Quartier des condamnés à mort. Le dernier fut Ranucci.

Autour les bruits de porte les cris surveillant, au secours, parloir !

Ça se répétera chaque semaine.

Un mémoire du Robinson des prisons m’apprend comment faire un briquet électronique avec un coton tige, comment soigner le mal de gorge avec une gousse d’ail, la constipation avec de l’huile d’olive.

Je suis présenté comme un détenu: la tension palpable, les preuves à fournir de virilité (le bonjour comme enjeu et défi); autour: celui qui parle beaucoup, celui qui a les sourire en coin, celui qui se révolte (j’ai l’impression que vous prenez les autres pour des inférieurs car pas de revue corse), celui qui le soutient tout en paraissant obéir à la directrice (double jeu).

Ce qui sidère, c’est cet effet, cet état défait des corps; derrière les visages, la question de la violence et du passage à l’acte.

Au cabinet des curiosités, je découvre les vieilles portes de Toulon, un faux flingue en métal, un lance-pierre avec lanière élastique, un appareil de tatouage, une pipe, une matraque.

Dehors le camion attend avec dedans, les cages à lapin

J’apprends la langue interne du pouvoir : je suis dans la base de données Antigone.