Gombrowicz – Ferdydurke

Ce mardi-là, je m’éveillai au moment sans âme et sans grâce où la nuit s’achève tandis que l’aube n’ pas encore pu naître.

…un élément de structure, un tournant, un passage spécial ou, pour parler avec plus d’exactitude, une « coda », c’est une trille, ou plutôt un repli, un boyau, un boyau dans lequel je ne pourrais jamais passer au mollet gauche

…l’être humain ne s’exprime pas d’une façon directe et conforme à sa nature, il passe toujours à travers une forme définie.

… un Sage constamment abêti, un Subtil sans cesse brutalisé et un Adulte en perpétuel rajeunissement.

Notre élément, c’est l’éternelle immaturité.

… nous dirons avec humilité: « Quelque chose en moi a parlé, agi, pensé.

Apparaître mais sous quel prétexte? Comment m’expliquer?

Le poème/ Ma traduction Mollets, mollets, mollets, mollets

…des formules, des grimaces, des mines et des gueules : oui, voilà la source, l’origine, le point de départ et c’est de là que découlent harmonieusement toutes les autres souffrances, folies et afflictions.

– Zielinski, Zielinski! Dites à Nowak de réparer cerre gouttière!

Et maintenant, gueules, venez! Non, je ne vous quitte pas, visages inconnus et étrangers des étrangers inconnus qui vont me lire, je vous attends au contraire, je vous salue, parties du corps rassemblées en agréables guirlandes, c’est seulement maintenant que tout commence: arrivez, venez à moi, commencez votre malaxage, fabriquez moi une gueule nouvelle pour que je doive à nouveau vous fuir en d’autres hommes et courir, courir dans toute l’humanité. Car il n’y a d’autre refuge contre la gueule que dans une autre gueule, et l’on ne peut se protéger de l’homme que par l’entremise d’un autre homme. Mais contre le cucul, il n’y a pas de refuge. Courez après moi si vous voulez. Je m’enfuis la gueule entre les mains.

 

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