Communications 2018-2019

  • Poésie et politique. Métapolitique et écopoétique contemporaines, 8e Congrès de la Société européenne de Littérature comparée (Lille), 28 au 31 août 2019.

La poésie documentaire ou documentale vise bien souvent à questionner l’esthétique poétique et la politique des discours dans la mesure où il s’agit de rendre visible des invisibilités, de rendre audibles des paroles non légitimées, en travaillant sur le dispositif textuel et sa contextualisation. Nous tenterons de théoriser certaines articulations poésie/politique, ainsi que le rapport à l’environnement, notamment à partir de textes de Manuel Joseph, J.M. Gleize, Nathalie Quintane, J.H. Michot.

  • « Retirer de la matière. Surface et profondeur. L’Essai sur la sculpturale de Julien Blaine (1967) », Colloque « L’Écrit et le Sculptural », Université Toulouse – Jean Jaurès/Laboratoire LLA-CREATIS, 12-13 juin 2019, Maison de la Recherche.

L’intervention traitera de L’Essai sur la sculpturale[1] de Julien Blaine (1967). Ce livre paradoxal développe les recherches sur le livre et ses possibilités comme objet : sa mobilité, sa présence, sa matérialité. À chaque fois, il s’agit de critiquer le livre comme « support » : « le livre était sous-utilisé, il restait un objet mort et, selon la tradition, indépendant de l’auteur ». Autrement dit, le livre n’avait pas été pensé comme medium ; le strict utilitarisme de l’objet technique oblitérant les potentialités médiopoétiques qu’il recèle. L’Essai sur la sculpturale (ou à la recherche de l’intégralité du O est un livre radical marqué par la perforation et ses légendes :

  • « à la première perforation = la pénétration »
  • « aux suivantes perforations = la progression -> création (répété) »
  • « à la dernière perforation : la fuite inversée. Et définitive pénétration -> destruction »

Ces gestes peuvent être réfléchis comme communs à l’écriture et à la sculpture. À la manière des livres d’enfants d’aujourd’hui, une illusion est suggérée par la perforation comme si l’on pouvait regarder à travers le trou d’une serrure. Du coup, la page n’est plus une porte qui fait obstacle, mais un support qui crée un effet de relief. Derrière, il y a en dessin toute la thématique que Blaine va explorer pendant plus de quarante ans : les orifices, les organes sensoriels, la vulve, la ligne. Isabelle Maunet l’interprète comme une « sortie non pas hors du livre, mais hors de ‘’l’objet-livre ou du livre-objet’’[2] ». Il s’agit de sortir d’un certain état du livre que Blaine considère comme « inerte » et « mortifère[3] ». La sculpture peut ici s’entendre comme un procédé de création visant à « enlever de la matière ». L’acte d’écriture serait indissociable du geste de retirer, supprimer, enlever. L’accent est mis sur le processus et non le résultat. Car ce qui donne à penser c’est bien plus l’essai, l’action, le mouvement bien davantage que l’œuvre. Autrement dit, l’œuvre se donne comme œuvre à l’œuvre et non objet fini : œuvre désœuvrée. 

  • « Écritures du quotidien : pratiques de collage et de montage », Colloque — « Les écritures contemporaines du quotidien : une cartographie », Université de Strasbourg, 6-7 juin 2019.

La communication vise à montrer comment des récits contemporains du quotidien sont mélangés avec des pratiques d’avant-gardes et des pratiques issues des poètes objectivistes américains à travers trois exemples précis et expérimentaux de chroniques du quotidien : Manuel Joseph, La Sécurité des personnes et des biens, P.O.L., 2010 ; Jérôme Bertin, Bâtard du vide, Al Dante, 2011 ; Sylvain Courtoux, Still nox, Al Dante 2011.

Ces récits ont pour point commun de retracer le quotidien de l’auteur-narrateur en insérant un témoignage sur les structures sociales et politiques qui l’entourent : documents administratifs et publicitaires ; description de la violence sociale alentour ; restitution de scènes vues et de paroles entendues ; ouverture à la fiction par l’aventure du personnage. Cette hybridation entre quotidien et fiction fait émerger les traits saillants d’une certaine crise de la société et de la solidarité. Ces trois ouvrages ont pour point commun d’être écrit par des poètes vivant dans la précarité et dans une certaine marginalité, les trois auteurs touchent l’allocation adulte handicapé et en font état ; la thématique glisse bien souvent du personnel au politique. Ils ont aussi pour point commun de reprendre certaines pratiques des avant-gardes : opérations de collages et de montage ; insertion de photos et de documents ; et partageant certaines références communes : Dada, William Burroughs, Charles Bukowski. Nous verrons ainsi comment l’infra-ordinaire peut se charger de questions politiques.

  •  « Traduire la poésie à l’épreuve du plurilinguisme », 5th International Conference Traduttologia e Traduzioni, Translatology and Translations, Lodz, Pologne, 7-9 décembre 2018.
  • « La poésie contemporaine dans une perspective écopoétique : le cas des performances et des documents poétiques », Colloque international « Réinventer la nature : pour une approche écopoétique des littératures contemporaines de langue française », Université de Tunis, Tunisie, 9-11 novembre 2018.
  • « Chercher en adoptant un point de vue émique : traduire sa recherche par la mise en pratique », journée doctorale « à l’entour de la recherche », CND Lyon, 21 septembre 2018.

[1]   Julien Blaine, Essai sur la scripturale, Éd. Denise Davy, 1967.

[2]   Isabelle Maunet, « La poésie ‘en chair & en os, à cor et à cri’ de Julien Blaine », in La poésie à outrance. A propos de la poésie élémentaire de Julien Blaine, op.cit., p. 68.

[3]   Processus de déculturalisation, Paris, édition Tête de feuilles, 1972.

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