extrait d’Atrides – Paysages tremblés

j’achète

je vends

 

j’achète des vêtements et je jette des déchets

je jette des vêtements et j’achète des déchets

 

j’ai acheté des loques en croyant acheter des fringues

j’ai vendu des flingues en croyant vendre des jouets

j’ai acheté des navets en croyant acheter des langoustes

j’ai vendu des caméras en pensant vendre du confort

j’ai acheté du pétrole en rêvant d’acheter de l’or

j’ai vendu du porno en songeant à l’amour

j’ai acheté du coca en voulant du bio

j’ai acheté du p-cul triple épaisseur alors que j’en voulais du double

j’ai acheté des tableaux en imaginant acheter de l’art

j’ai acheté une vitrine en espérant acheter un miroir

 

je me suis vendu moi-même en me mettant en solde

je me suis acheté moi-même en me collant un crédit au cul

je me suis remboursé en me réendettant encore plus

je me suis raboté les crédits en m’en reprenant un pour la route

 

j’ai vendu ma fille en pensant acheter les dieux

j’ai vendu une soupe à mon frère en tronçonnant des enfants

têtes coupées, mains tranchées, pieds brisés

cheveux incendiés, poitrine calcinée

ça ne vit plus que dans la moelle

 

j’achète tout je vends tout

je me vends

je me solde

je me liquide totalement

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