Archives de catégorie : FAIRE
Ce qu’il reste d’usines – Nideverviller – 2004
Marseille vue d’autoroute – horizontales et verticales – 2005
Lire et écrire avec Laurent Mauvignier
Des hommes est un livre poignant. Avec des raccourcis temporels étonnants. Ainsi cette description de personnage étonnante mêle futur (on dira, on n’ironisera pas, on se rappellera, on l’observera, on verra…) et conditionnel (et si on prêtait attention, on se dirait…on verrait…).
Dans Apprendre à finir, on ouvre aussi au futur : Il y aura toujours quelqu’un pour… Un futur suspect puisqu’il est lui-même inséré dans un passé : Il y aura quelqu’un, je me disais, il y aura quelqu’un parce que je savais qu’un jour il irait mieux… A partir de là l’écriture peut mettre en tension les énoncés rassurants / inquiétants, généraux / singuliers, intemporels / circonstanciels, indéfinis / définis, collectifs / individuels.
Avec Dans la foule (ex p70-72) on peut essayer de faire parler un sujet d’énonciation marqué par le groupe, le ça, le on et faire basculer le texte d’une situation impersonnelle à une situation personnelle.
On peut travailler ce passage du on au je en passant par le style indirect libre au moment d’une prise de conscience : « Combien de temps il m’a fallu pour comprendre…, pour que j’entende… » (Apprendre à finir, pp71-76) : émergence des souvenirs et révélation des non-dits.
Lire et écrire avec Laurent Mauvignier et Tanguy Viel – la question du secret
Le secret est une question délicate en écriture : force magnétique et risque du psychodrame. Comme dit Michel Azama, le secret ça sécrète, ça transpire, ça déborde, ça imagine pour deux.
C’est pas comme un bijou mais ça se porte aussi, un secret. (Loin d’eux) A partir de là, on peut dessiner un halo autour d’un personnage, augmenter son territoire, adjoindre les fantômes environnants.
La question de sa révélation est tout aussi délicate puisque le secret n’est pas seulement une chose ou un fait mais un halo, une densité. Un extérieur et intérieur retravaillant la figure du Horla chez Maupassant ou de l’inquiétante étrangeté.
On pourrait opposer une manière d’élucidation classique du secret comme manifestation de la raison (romans policiers au passé simple du début du 20ème siècle) à une manière contemporaine où la révélation, passant par l’inconscient laisse tout autant d’obscur et de mystère après (on pense aux puissances de l’obscur chez Edmond Jabès ou René Char à la suite de Parménide). Ainsi, dans Maladie de Tanguy Viel la révélation obscurcit le propos, ce qui se montre c’est une autre figure de boucle, d’insistances, de peurs… Déconstruction paradoxale de la figure du médecin sous forme d’interpellation. Puissance de l’adresse paradoxale qu’il y avait déjà dans Le banquier anarchiste de Pessoa.
invention du sauvage – fabrique du monstre
On y arrive par le musée du quai Branly.
Fabriques vuselles et textuelles du monstre, du rebut humain.
On s’en sort par des signes.
Atrides paysages tremblés – jeudi 15 décembre
Théâtre NO, 14 rue Ferdinand Rey, 13006 Marseille
Un projet du Groupe Manifeste
Sur une idée de Francine Eymery
Mise en scène de Francine Eymery
Avec : Virginie Comte / Laurence Falcone / Clément Flaux / Léopold Gomez / Stéphane Nowak / Antoine Palazy / Nancy Robert / Amandine Soragna / Claire Thévenard
extrait d’Atrides – Paysages tremblés
j’achète
je vends
j’achète des vêtements et je jette des déchets
je jette des vêtements et j’achète des déchets
j’ai acheté des loques en croyant acheter des fringues
j’ai vendu des flingues en croyant vendre des jouets
j’ai acheté des navets en croyant acheter des langoustes
j’ai vendu des caméras en pensant vendre du confort
j’ai acheté du pétrole en rêvant d’acheter de l’or
j’ai vendu du porno en songeant à l’amour
j’ai acheté du coca en voulant du bio
j’ai acheté du p-cul triple épaisseur alors que j’en voulais du double
j’ai acheté des tableaux en imaginant acheter de l’art
j’ai acheté une vitrine en espérant acheter un miroir
je me suis vendu moi-même en me mettant en solde
je me suis acheté moi-même en me collant un crédit au cul
je me suis remboursé en me réendettant encore plus
je me suis raboté les crédits en m’en reprenant un pour la route
j’ai vendu ma fille en pensant acheter les dieux
j’ai vendu une soupe à mon frère en tronçonnant des enfants
têtes coupées, mains tranchées, pieds brisés
cheveux incendiés, poitrine calcinée
ça ne vit plus que dans la moelle
j’achète tout je vends tout
je me vends
je me solde
je me liquide totalement
Ouverture
Laboratoire personnel de Stéphane Nowak Papantoniou
Brouillons débrouillés, espèces d’esquisses, annonces d’à venir






















