dans les coulisses
lecture/ découpe
le passage au pilon c’est très bientôt à la bibliothèque Saint Charles à 17H30 ce jeudi 24 mai sur le parvis, avec Mustapha Benfodil et moi pour une lecture/découpe
et ni et ni
ça crie ça rature
point aveugle
Julien Blaine galerie Meyer
Mustapha Benfodil et le pilon
Bibliothèque Saint Charles
détruire/construire à partir du rebut
Manuel Joseph et Stéphane Chalumeau à la compagnie
un appartement sur une droguerie
Belle époque /une poussière dans l’oeil
BOURLE
Et qu’est-ce que je fous ici dans la bourle à bourler parmi les bourleurs pleins sans savoir ce que je bourle c’est fou de rien savoir à ce point sur la densité la consistance de la bourle ce qu’il y a dans la bourle s’il y a des boîtes de conserve périmées des calendos frais ou du cobalt pur / je bourle tu bourles dans ces bourles immenses qui se forment en bandant des arcs de désir se développent croissent oblongues puis rondes puis s’allongent et s’effilochent parfois postillonnent du crachin mou et rêche / je mâche mon chewing-gum menthol haleine fraîche retour assuré tu déballes ta bourle hors de la mâchoire les incisives élimées et tu t’emballes ton cadeau à l ‘intérieur avec le bonheur d’éclater un paquet gonflé d’air / dans la bouche tout d’un coup il devient petit et dur comme une toute minuscule fiente – y a que la bourle qui sait ce que je fous à ce moment ++ précis mais elle s’en fout entièrement la bourle devenant boule elle arrête pas de gonfler dans sa bande dessinée pour illettrés et son mirage de possessions lascives elle continue de grossir presqu’ovale une peau de pêche tendue une outre pleine jusqu’aux os à marée haute comme si enceinte gorgée elle enfle raide jusqu’à ce qu’
UNE FOIS ça pète ça sorte ça explose et fasse tomber les murailles d’un coup les forteresses d’une rafle de vent les murs d’une frappe d’une énorme boule d’acier / on attend tous que ça pète les mains croisées sur la poitrine ou parfois les poings sur les hanches pour changer elle a perdu les eaux c’est pour bientôt y a du sang sur les murs c’est le moment de se frotter les mains et de passer à la caisse cash-cash express disent les experts on attend / leur proverbe dit quand il y a du sang sur les murs il est temps d’acheter des actions, quand il y a accalmie c’est bon pour les obligations, agir ou s’obliger telle est la question la volute de fumée tout autour et le souvenir du champignon de poussière qui monte vertical après l’impact et les cendres en pluie sur nos cheveux laqués et nos loques chéries tout autour les autres bourlent et « oh la belle bourle » et « c’est quand le bouquet final ? » et « pas encore pas avant l’automne prochain » et « on peut pas savoir » faut attendre le chiffre d’affaires en Power Point -R et la météo en 3D, et la dérive de l’anticyclone et le bilan semestriel et le mouvement de l’anticyclone, le retour sur investissement et le coup de sang des Açores / c’est vrai qu’on l’attend vachement la langue pendue le camembert sur la diapo peau vert-point avec plein de couleurs et de tranches et la grosse part bleue des bénefs qui brille on coupera pas la pointe c’est mauvais pour la conservation ça perd du goût et « on s’en fout c’est toujours les mêmes qui s’en mettent plein les poches » ça c’est bon pour la conversation et « y a une poche d’air qui pourrait compliquer l’affaire et baisser les bénefs » ça c’est pour la consumation jusqu’ici tout va bien la bourle est belle et boule de plus en plus boule de plus en plus belle avec ses hanches arrondies bonnes pour la consommation elle donne envie de foncer bille en tête frapper fort en plein dans le mille avec plein de zéro bingo banco qui font « splasch » et « krach » voici le moment de planquer plein de zéros à la fois/ voici le temps idéal pour faire ses conserves pour l’hiver et acheter des chewing-gums pour l’été
UNE FOIS tu comprends pas ça pète la nuit / j’ai rien vu je dormais je rêvais d’échanger quatre billes de verre contre un paquet de chewing-gum fraise pamplemousse mais l’autre copain avait qu’un calot plus très rond un jour donc la bourle sort de la bande même plus dans la marge elle a foutu le camp dehors elle a pris le maquis la lande obscure sans trace sur les pistes les zéros sont partis en file indienne à la queue leu-leu chez les abonnés des bourles décidées à bulletin secret i reste plus que des épaves par terre les bandes ont tout pris les zéros par boulettes de douze i reste que des débris je vous dis
en me promenant derrière le camping j’ai trouvé un zéro sur la plage tout rouillé et tout fêlé un morceau de zéro avec des coquillages incrustés je l’ai mis dans ma poche puis j’ai fait quelques pas sur les galets je l’ai jeté tu t’en fous je préfère continuer à bourler jusqu’ici tout va bien on pense encore à la bourle sans penser qu’elle est bourrelée on réfléchit trop tard aux pansements quand les gaz ont fait déserter la rue et que tous ont foutu le camp c’est fou quand on y songe ce qu’on peut bourler sans s’en rendre compte.
ça s’appelle la bourle
l’armée noire en marche
l’armée noire à Lille les 11, 12, 13 mai
l’argent est une fiction
déclarations
il n’y a pas de paradis
seul l’air est rouge un moment
ministère des mains sales – l’argent tue
Manuel Joseph – La Sécurité des personnes et des biens – drame social – (éditions POL)
Il y aurait beaucoup à écrire sur ce texte, notamment sur le mélange entre l’esprit d’ordre et une certaine désinvolture qui se mêlent dans l’esprit du personnage. Entre nettoyer des prises de courant au coton tige, voire au cure-dent, l’obsession de straces sur le mur, et un certain délabrement du corps.
La lecture hier, presque intégrale, était très habitée.
Manuel Joseph à la Compagnie à Marseille
Novarina, La quatrième personne du singulier (éditions POL)
Novarina, La quatrième personne du singulier (éditions POL)
Ce qui se poursuit : le travail sur l’inventaire des noms, « la langue à un », une langue propre à chacun, dans son vocabulaire, sa syntaxe, son rythme, sa respiration
ce qui change : la lettre au E muet, à Tibor Mészáros (l’opérette imaginaire, 2009)
Des formules définitives ?
Le langage travaille à l’impératif
Travaille tout dans l’envers retourné
le théâtre : désadhérer, lieu de la défaite humaine, ouverture à la quatrième personne du singulier : personne
le réel comme brûlement spirituel de la chose
Le langage s’est retiré de la page.
De cette dernière phrase il y a beaucoup à faire…
nous sommes dans la machine
Performance impressionnante hier à Mona lisait
Julien Blaine en homme machine et brosse de fer raclée sur table en bois.
Un texte sur la machine et le sexe – nous sommes dans la machine.
Comment les nommer? le PAP en action
Une revue à lire d’urgence
Julien Blaine, Edith Azam,, Bernard Noël, d’autres articles intéressants sur la Grèce
Henri Chopin – Le Grand Monde de la grande poésie (éditions le corridor bleu)
Un rapport frontal, mégalomaniaque à l’Histoire, avec règlements de compte et réengagements, beauté de la mauvaise foi, jeu sur les balancements voici/ voilà, IL NE S4AGIT NULLEMENT / BIEN AU CONTRAIRE
la poésie sait, et sait bien, marcher et ne dort plus sur un papier
expo Fabienne Létang à la librairie Mona lisait, 17 bis rue Pavée, Paris
faire péter la carte
Il y aura toujours quelqu’un pour sortir un billet
remplir un chèque
faire péter la carte
il y aura toujours quelqu’un pour laisser un pourboire
pour payer un coup
s’acquitter d’une facture
il y aura toujours quelqu’un pour ça
parce que payer, il se dit
parce que l’argent quand même
parce que manque l’argent
et qu’il allait falloir continuer



































